Planification et méthodologie

 

Planification et méthodologie des travaux

Rappelons que le Palais des Tuileries se situe en plein centre de Paris, a tel point que l’on pourrait presque considérer qu’il  en constitue le centre de gravité. Cette position à la fois sensible et privilégiée fait de l’opération de reconstruction un événement à forte visibilité et un challenge en terme de planification et d’organisation.

Contexte technique

Le site est vide de toute construction mais grevé en infrastructure du tunnel d’accès au parc de stationnement du Louvre. Cette contrainte ne constitue pas un obstacle technique majeur mais tout au plus une gêne qui influe néanmoins sur le mode opératoire et sur la durée du chantier. Cela entraînera principalement une obligation de sécurisation des accès par rapport aux manutentions de chantier ainsi que la constitution d’un portique au niveau des infrastructures de la future construction.

Par ailleurs, l’opération ne comprend pas d’éléments techniques remarquables puisqu’elle n’a recours qu’à des procédés constructifs traditionnels et s’applique à une construction de taille modeste comprenant 3 niveaux sur rez-de-chaussée et culminant à 38 mètres en son point le plus haut.

Il s’agit donc d’organiser un chantier de type conventionnel pour lequel la qualité d’exécution et l’importance des interventions à caractère artisanal impliquent une planification plus longue que d’usage : réalisation des parements et modénatures de pierre porteuse en façades ; montage des charpentes traditionnelles ; façon des couvertures.

Contexte fonctionnel

Le Palais des Tuileries constitue le point focal de la perspective des jardins éponymes. Il les structure, les justifie et apporte une légitimité à l’autre extrémité du tapis végétal aux pavillons symétriques du Jeu de Paume et de l’Orangerie. Il joue le même rôle pour l’ensemble architectural du Louvre qu’il clôt à l’ouest perpendiculairement à son aile nord. Le différentiel d’angle de ces deux axes est stigmatisé par le Carrousel qui en constitue la rotule.

Cette liaison est-ouest est accompagnée et prolongée par les terrasses des « Feuillants » et du « Bord de l’eau » dans la partie jardin.

Le contournement de cet ensemble par les voiries automobiles, hormis les deux liaisons transversales de la Cour Napoléon et de l’Avenue du Général Lemonnier, a donc entraîné le développement d’un important flux piétonnier parallèle à la Seine qui relie l’esplanade du Carrousel à la Place de la Concorde.

Ce flux concerne principalement une activité touristique essentielle à la vitalité de cet ensemble monumental. Même si elle se concentre sur la période diurne en raison de la mauvaise tenue des jardins intermédiaires, il serait dommageable de rompre durablement la fréquentation de cet axe fonctionnel.

Le chantier comme musée vivant

La constatation précédente associée au caractère prestigieux d’une opération qui symbolise un effort national en faveur de son patrimoine historique et architectural a conduit le Comité pour la Reconstruction des Tuileries à envisager une scénarisation du chantier.

Au lieu de constituer un obstacle et une nuisance pour le site, le chantier deviendrait pour toute la durée des travaux le lieu d’une mise en scène des techniques de construction de taille de pierre, de sculpture et de tous les artisanats combinés pour la reconstruction.

A la différence de chantiers classiques qui n’apportent aucun intérêt ni technique ni méthodique, il existe là et à grande échelle une opportunité de valorisation de ces métiers et de dramatisation de l’opération.

A cette fin, le phasage du chantier pourrait s’effectuer selon le schéma suivant :

  • Décapage des terres et fouilles d’infrastructure séquentielles ;
  • Réalisation des fondations en trois segments correspondants au pavillon central et à ses ailes ; ces opérations également séquentielles préserveraient la permanence des liaisons piétonnes ;
  • Exécution en phase 1 de l’ossature du pavillon central destiné à accueillir durant la période des travaux un « observatoire » du chantier ; cette réalisation comprend le passage axial entre cour du Carrousel et jardins des Tuileries ;
  • Exécution en phase 2 des ailes avec leur raccordement aux pavillons de Flore et de Marsan ; les accès au chantier concentrés au voisinage des deux pavillons permettraient une visibilité par le public dûment organisée en partie centrale depuis l’observatoire ;
  • Réalisation en phase 3 des superstructures du pavillon central sans interruption du trafic piéton sécurisé par un tunnel de protection au niveau de référence ;

Un encloisonnement de sécurité du chantier constitué de palissades réglementaires pourrait supporter sur les linéaires côté Carrousel et côté jardins un bâchage figurant en impression numérique l’état futur du Palais et le rappel de sa légitimité historique comme symbole national.

Comité National Pour
La Reconstruction Des Tuileries
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