Etudes d'impact

 

Une étude d’impact complète pour un projet de l’envergure de la reconstruction des tuileries nécessite bien sûr qu’on lui consacre des moyens appropriés en terme de compétence comme de temps ne serait-ce que pour cerner l’ensemble des paramètres à prendre en compte.

La présente étude de faisabilité n’a donc pas la prétention de remplir cette mission qui nécessitera par ailleurs un avancement simultané des études techniques et architecturales.

Elle se borne à aborder les principaux thèmes d’une étude d’impact en indiquant les pistes des propositions envisagées à ce stade en tenant compte de l’état initial du site.

État initial du site

Aujourd’hui l’emprise correspondant au palais des tuileries telle que comprise entre l’avenue du Général Lemonnier et l’arc de triomphe du Carrousel présente des caractéristiques peu valorisantes.

Le premier constat est celui d’un site disqualifié par un aménagement paysagé inadapté. Les prospects directs des ailes de l’ancien palais côté Sud et côté Nord sont des espaces non traités hormis une voirie strictement fonctionnelle. Quand à la partie jardin, sa composition radiale et ses profils en tumulus ne correspondent à aucune logique par rapport au plan d’ensemble et ne constitue non plus aucun rappel historique dont on aurait voulu illustrer la mémoire.

Cet état de fait s’aggrave du discrédit apporté à l’ensemble Louvre-Tuilerie par un espace non sécurisé où l’absence de transparence, de lisibilité et d’éclairage public crée en plein cœur de Paris une zone à l’abandon.

Il s’y développe un univers de petits trafics parfaitement inavouable et incompatible avec la fréquentation touristique internationale qui la côtoie.

Une telle situation de marginalité a bien évidemment favorisé un dévoiement progressif du site par l’implantation durable de baraquements de chantier, la déstructuration trouvant son écho naturel dans le temporaire et dans une médiocrité indigne de son cadre.

Enfin, notons qu’en terme d’usage et de destination, il ne subsiste à ce jour de l’ancien siège du pouvoir français que la représentation d’une fonction subalterne entre toutes : un parc de stationnement automobile souterrain qui trouve son accès dans les fondements mêmes du Palais.

Analyse des effets sur le site et le paysage

Effets à long terme

En toute impartialité, le constat de l’état initial ne peut que trouver une amélioration significative dans le projet de reconstruction envisagé. De fait, le projet apporterait au site des éléments de valorisation indiscutables au nombre desquels on trouvera notamment les suivants.

La restitution d’une composition équilibrée conforme au génie français entre le jardin des Tuileries et son architecture, le tout inscrit dans un quadrilatère parfait cantonné de points de vue dominants autorisant une vision des parterres.

Un recadrage volumétrique qui redonnera leur échelle à l’enceinte commune du Louvre et des Tuileries ainsi qu’à l’arc de triomphe du Carrousel dont elle était l’écrin.

L’aboutissement logique d’une perspective axée depuis l’arc de triomphe de l’Étoile jusqu’à la façade orthogonale du Palais des Tuileries et au travers de la place de la Concorde et du jardin alors que l’enfilade actuelle ne ricoche que sur le faux-angle de la cour du Louvre sans articulation ni support bâti de transition.

Le retour à une cour intérieure palatiale, espace fermé propre à accueillir des manifestations culturelles diverses hors atteintes des nuisances climatiques d’un «  no man’s land » ouvert à tous les vents.

On pourra également développer l’évidence d’un enrichissement des vues depuis les circulations de la rue de Rivoli ou du quai des Tuileries en direction du Louvre.

Ces effets positifs sur le site et sur le paysage s’ajoutent sans conteste à l’incalculable valeur ajoutée d’une architecture de très grande qualité qui a toujours servi de modèle et de référence à l’ensemble des nations. Plus finement, on pourrait détailler comme suit les diverses formes d’impact à apprécier :

Impact sur les flux locaux

  • Le chantier n’a aucun effet sur les trafics périphériques quels qu’ils soient :
  • l’accès aux aires de livraisons et parking du Louvre demeure inchangé ;
  • les espaces de dégagement piétonniers et automobiles de l’avenue du Gal Lemonnier demeurent inchangés ;
  • la circulation piétonne de liaison entre l’Arc du Carrousel et les jardins, traversant le pavillon central est également préservée ;
  • En revanche, la cour du Carrousel gagne en cohérence et recouvre son échelle et sa logique originelles. Il redevient loisible d’y organiser des manifestations conformes à sa fonction primitive.

Impact environnemental

Comme précisé ci-dessus, il s’agit en dépit du caractère traditionnel de la construction, de lui conférer des performances environnementales contemporaines. A cette fin, plusieurs cibles de haute qualité environnementale seront visées . Elles seront plus spécifiquement détaillées au point 4 ci-après.

Impact visuel

Ce point se passe presque de tout commentaire tant la restitution de la construction apportera à l’évidence la seule solution appropriée au site tant pour sa compréhension architecturale que pour sa lecture urbanistique.

Ces arguments ont déjà été développés dans la notice générale du projet.

Impact économique et fonctionnel

La reconstruction des Tuileries, c’est avant toutes choses, selon ce critère, la garantie d’une augmentation significative de la fréquentation globale du site et de ses abords.

Impact durable car la nouvelle construction constitue en soi un événement majeur, mais aussi un événement renouvelé sans cesse par l’existence des lieux muséographiques nouveaux et d’espaces de réunion. C’est la juste revendication de plus grand pôle culturel mondial.

Pour amplifier encore les potentialités économiques et fonctionnelles du site, il est suggéré d’aménager la Place du Carrousel en espace événementiel artistique, accompagnement logique et complément contemporain et vivant du Louvre.

Reprenant la raison d’être de cet espace (grandes manifestations et représentations événementiels publiques) qui a donné son sens actuel au nom, le propos est d’y aménager selon une trame mobile un concept de musée de plein air adaptable à des manifestations artistiques, danse, musique, théâtre de plein air, de toute nature.

Cette proposition complèterait heureusement l’impact promotionnel certain de la reconstruction et apporterait à l’ensemble du Louvre la composante d’actualité propre à l’inscrire.

Effets à court terme ( période de réalisation )

Par ailleurs, les éléments d’appréciation d’effets concrets du projet en tant que chantier  sur le site sont les suivants :

Durée du chantier

Quoique à ce stade de l’étude, il est difficile de mesurer précisément la durée des travaux, celle-ci dépendant d’une part des modalités d’attribution du marché (entreprise générale, corps d’état séparés) et d’autre par des contraintes fonctionnelles qui procèderont normalement de la consultation des différents services administratifs concernés dans le cadre de l’instruction du dossier de permis de travaux.

Néanmoins, on peut estimer à 36 à 40 mois la durée probable des travaux.

Évaluation des mouvements de chantier

La réalisation des infrastructures et excavations nécessaires aux fondations représente un volume d’environ 42 000 m3, soit un nombre de rotations de semi-remorques de 2625 qui seront concentrées sur la première phase du chantier (12 mois), ce qui correspond à un rythme quotidien moyen de 10 rotations.

Ce chiffre, rapproché de celui de chantiers classiques plus concentrés en terme de planning, apparaît évidemment négligeable.

En phase de coulage des infrastructures et de réalisation des élévations, la rotation des camions-toupie demeurera inférieure à ce chiffre.

Les autres interventions de transport liées aux travaux de parement, de couverture ou de second-œuvre demeureront du même ordre et par conséquent sans plus d’effet sur le trafic local qu’un chantier de taille courante.

A considérer les nuisances éventuelles acoustiques des engins de chantier en phase excavation : on estime qu’elles n’auront aucun impact sur les zones résidentielles les plus proches, les ailes du Louvre et le palissage côté jardin créant un confinement naturel propre à isoler la zone.

Motifs pour lesquels le projet devrait être retenu

L’analyse figurant aux titres précédents fait état de l’intérêt majeur présenté par la reconstruction de la partie manquante du Palais des Tuileries. Cette opération d’intérêt régional mais de portée Internationale est avant toute chose la reconquête d’un site de mémoire; mémoire des valeurs patrimoniales d’une architecture d’exception, mémoire historique d’un lieu qui a illustré durant plusieurs siècles les plus riches heures de la vie politique et diplomatique française.

La charge symbolique d’une telle opération n’est cependant pas l’unique motif pour lequel elle est retenue.

En effet, il existe également un réel intérêt urbanistique et architectural à restituer au Palais des Tuileries son intégrité.

D’une part car on jouira du bénéfice d’un ensemble architectural cohérent. Rappelons que les deux ailes subsistantes demeurent amputées du corps central ce qui ne constitue pas un schéma stylistique vraiment satisfaisant en dépit des interventions faites en pignon des pavillons de Flore et de Marsan.

D’autre part l’impact de l’intervention sur un des sites touristiques les plus actifs de la capitale peut être jugé d’autant plus  décisif  qu’il se substitue à un état des lieux dont on a évoqué plus haut les effets pervers. Il n’est pas neutre de contribuer activement à la mise en valeur du centre de Paris quand on connaît le poids du secteur touristique dans l’économie nationale.

Mesures pour compenser / supprimer/ atténuer les dommages sur l’environnement, le voisinage et le montant des dépenses

L’opération de reconstruction partielle du Palais des Tuileries prétend non seulement ne pas apporter de dommages environnementaux mais bien au contraire présenter le modèle d’une opération exemplaire de ce point de vue . Le processus d’organisation et de méthode du chantier prendra en compte les critères environnementaux afin de réduire au strict minimum l’impact du chantier sur les abords.

En termes de méthodologie des études, il fera l’objet d’une évaluation préalable en concertation avec un cabinet d’ingénierie spécialisé et agréé par l’ADEME.

Au titre de la qualité architecturale, un critère non négligeable eut égard à la situation du projet, il est évident que toute satisfaction est donnée pour une cible de haute qualité environnementale que nous placerons au premier rang.

Cette satisfaction ne demeurera néanmoins pas la seule car d’autres cibles sont également visées. Énumérons ces cibles sous réserve d’inventaire détaillé ultérieur.

Chantier à impact limité sur l’environnement.

La position centrale du site n’est pourtant liée à aucune proximité directe avec  des constructions résidentielles. De ce fait, quelle que soit la durée du chantier, on peut assurer que le voisinage n’aura à souffrir ni de nuisances sonores ni de nuisances visuelles. Par ailleurs, le trafic de chantier induit demeurait inférieur à celui généré par une seule des lignes d’autobus qui transitent actuellement par l’axe transversal des guichets du Louvre.

Confort thermique et économies d’énergie.

Le mode constructif retenu, avec un appareil de pierre porteuse extérieur et une isolation thermique renforcée grâce à l’épaisseur disponible considérable des parois périphériques, garantit une performance d’isolation globale supérieure aux recommandations de la R.T. 2005. La construction combinerait au final les avantages de l’inertie thermique traditionnelle à ceux, contemporains, d’une isolation optimisée.

Gestion de l’eau

L’importance des surfaces de couverture offre une surface captante importante qu’il est loisible d’utiliser à des fins d’arrosage des jardins grâce à la mise en place de citernes appropriées en infrastructure. La nouvelle construction n’apporterait de ce fait aucune augmentation des débits dans les réseaux voisins.

Confort visuel et économie d’énergie

L’architecture classique référente fait la part belle à des façades largement percées en nombre de baies comme en dimension de ces dernières. C’est la certitude d’un recours majoritaire à l’éclairage naturel.

Cet avantage structurel serait complété d’une gestion automatisée des éclairages artificiels pilotés par une centrale ajustant en permanence le réglage des appareils d’éclairage intérieurs à l’éclairement naturel disponible.

Recours à des matériaux non polluants grâce à un choix judicieux des matériaux isolants thermiques utilisés.

Hygiène grâce au renouvellement d’air optimisé sur la base de puits canadiens implantés dans la double peau des murs ;

Cette panoplie de dispositions en faveur d’un impact réduit sur l’environnement induit du même coup une réduction sensible des dépenses de chauffage,  d’entretien et de maintenance du bâtiment.

Les études techniques ultérieurement développées permettront de qualifier précisément cet impact.

Comité National Pour
La Reconstruction Des Tuileries
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