You are here : Accueil - page.php?id=pourquoi.reconstruire - page.php?id=projet.revolutionnaire

4. Pourquoi reconstruire

4.7. Un projet révolutionnaire

This page is not available in your current language. Further translation will be available soon.

Reconstruire les Tuileries,

c?est faire revivre trois siècles d?histoire de France :

un projet révolutionnaire !


par le Professeur Jacques Barrat (*)

Universitaire et diplomate, Professeur à l?Ecole de Guerre,


« Une ville est un livre d?images où l?on voit ses aïeux » écrivait au début du XXe siècle le poète belge Emile Verhaeren. Aujourd?hui, en ce début du XXIe siècle, il semblerait que l?urbanisation moderne qu?accompagnent le plus souvent des phénomènes intempestifs de délocalisation (entre 1990 et 2000, 60% des Français ont changé de domicile) ait fait disparaître, y compris dans les centres villes et dans nos villages, les lieux de repère et de mémoire. Or ce sont des éléments indispensables à l?ancrage terrien et à une bonne spatialisation des êtres humains.


L?urbanisation des populations du monde d?aujourd?hui est un phénomène qui s?est fabriqué de manière extrêmement rapide. Commencée dès la fin du XVIIIe siècle dans les pays de l?Europe de l?Ouest, elle a atteint les pays des tiers mondes dans la seconde moitié du XXe siècle avec, le plus souvent, les conséquences catastrophiques qu?on sait.


Dans notre pays, la France, pays d?ailleurs en retard dans le déclenchement de sa révolution industrielle, les zones rurales qui détenaient encore 40% de la population française avant le second conflit mondial, retiennent tant bien que mal aujourd?hui les quelque 3% de Français qui se consacrent encore à l?agriculture en compagnie de retraités du troisième âge.


A l?exception de ces vieillards et des derniers agriculteurs pas toujours paysans, les autres ont migré vers les villes et, ce faisant, ont abandonné les éléments essentiels de leur cadre de vie traditionnel comme les anciens constituants de leur univers moral et social? sans pour autant en trouver d?autres.


Ces « bétonnés », spatialement perdus, ont été également privés de repères temporels. L?agenda agricole qui sous tendait le déroulement des saisons a disparu, tout comme la diversité et la facilité des relations humaines. Désormais limités, faute de temps et de proximité, aux collègues de bureau, les partenaires sociaux de l?individu urbanisé ont diminué quantitativement de manière drastique à l?intérieur d?une société de l?anonymat. Connaître ses voisins relève d?autant moins de l?évidence que cela nécessite aussi du temps !


D?une manière beaucoup plus générale, nous assistons dans la société française d?aujourd?hui à une véritable mutation des instances de socialisation de l?individu.


Tout d?abord la dissolution de la famille qui était la cellule sociale première depuis la naissance de l?humanité. L?apparition des HLM avait déjà fait disparaître la présence des grands parents dans les foyers. Désormais la généralisation du divorce multiplie le nombre de grands parents à la fois absents et de plus en plus éloignés biologiquement. La rupture avec le passé familial est consommée.


Ensuite la crise du christianisme et des Lumières a fait disparaître les concepts de bien, de mal, de devoir, de générosité, tout comme la nécessité et la valeur du travail. De fait s?est peu à peu installée une philosophie du superflu, une absence de morale alimentées par des médias qui ont à la fois peu ou prou remplacé l?école comme fournisseur de culture et transformé également les individus en observateurs par procuration.


Enfin l?information émotion, l?information spectacle, la déification du futur, de la science fiction, de l?irréel, du jeunisme, du fait divers dans le village planétaire, ont fait oublier aux nouvelles générations que passé, présent et avenir sont indissociables. Cela s?est fait d?autant plus facilement qu?on a trop souvent cessé d?apprendre la chronologie et les faits historiques à l?école.

La faillite des systèmes éducatifs désormais basés sur les principes de massification, de non valeur, de non mérite, de non effort, d?absence de peine, de non courage, est plus ou moins orchestrée par des enseignants qui, depuis 1968, ne veulent plus être des maîtres mais des accompagnateurs, voire des amuseurs. Cette faillite a encore renforcé le sentiment de perdition et multiplié dans de fortes proportions les cas d?errance morale et intellectuelle. Inhérents à la déspatialisation, à l?oubli de la géographie et à la manipulation de l?histoire au nom du politiquement correct.


Plus encore, la disparition du service militaire a mis un point d?orgue à ces phénomènes en empêchant les plus jeunes, les plus démunis culturellement, les plus défavorisés socialement de se mélanger dans des espaces différents pour eux, à des compatriotes différents d?eux. Le mélange, le brassage, s?organisaient jusqu?alors autour des idées de patrie et de nation. Or la patrie a disparu de nos têtes et de notre vocabulaire. Il est vrai qu?une Europe à 25 ne peut qu?affaiblir le concept de patrie voire empêcher le maintien de tout esprit patriotique.


Quant à la nation, façonnée depuis plus d?un millénaire par nos rois et nos dirigeants, c?est une âme par rapport au passé, c?est un principe spirituel par rapport au présent. Tous deux sont enracinés sur un espace précis : le territoire national. Mais qui pourrait nier que la nation se délite aujourd?hui et que les échelles régionales et supra nationales sont désormais celles qui comptent le plus ?


Replacée dans ce contexte difficile qui est celui de la France de ce début du XXIe siècle, la reconstruction d?un "monumentum", les Tuileries, symbole de la continuité de trois siècles d?histoire de France, nous semble tout à la fois un devoir moral et une ?uvre révolutionnaire.


Un devoir moral car nous manquions d?un signe fort, capable de réconcilier les jeunes Français avec leur histoire récente qu?ils ignorent pour l?essentiel, ce qui n?est pas tout à fait neutre ou accidentel. La France moderne et généreuse n?est pas née en 1789, encore moins en 1968.


Une ?uvre révolutionnaire, car en cessant d?installer dans Paris des bâtiments qui n?ont aucun style, aucune touche française et par ailleurs de qualité très médiocre, nous pourrions redonner aux Parisiens et aux Français le goût du beau, de l?ancien, du pérenne, du solide et, pourquoi pas, de l?aspiration vers l?éternel. En ces temps de déconstruction du troisième millénaire, ce serait rendre à Paris et la France trois siècles d?histoire.


Comme le disait le maréchal Lyautey : « Cela prendra du temps. Raison de plus pour commencer tout de suite ».


(*) auteur de "Géopolitique de la Francophonie"

et de "Géopolitique de la Roumanie".



Aimable autorisation Politique Magazine,

numéro spécial "Tuileries, l'histoire inachevée", juillet-août 2004


Accueil
2. L'ensemble Louvre-Tuileries
2.1.2. Photos des Tuileries
2.1. Vues - Plans - Photos
7. La reconstruction
2.1.1. L'ensemble Louvre-Tuileries
3. L'Histoire aux Tuileries
4. Pourquoi reconstruire
1. Le Comité National
5. Dictionnaire des Tuileries
2.1.3 Organisation de l'espace selon l'époque
Plan du site
8. Revue de presse
2.1.5. Après l'incendie
211.2 Vue d'ensemble (1857)
211.1 Plan du 1er arrt (1860)
1.8. Membres
7.1. Les Tuileries au plan d'urbanisme
212.1 Facade sur le Jardin (1858)
9. Adhérer
Liste de diffusion
211.3 Les Tuileries vues de la Concorde
7.4. Avons-nous les plans
6. A l'Institut
211.4 Les Tuileries vues du grand bassin
211.5 Les Tuileries vues du Louvre
2.7. Visitons les Tuileries
7.5. Le contraire d'un pastiche
2.1.4. Plans d'architectes
3.1. Monument de mémoire
212.2 Grand Escalier (bas)
212.5 Salon Louis XIV
8.1. Les médias et les Tuileries
212.4 Salon des Maréchaux
213.7 Napoléon III
212.6 Salle du Trône
2.3. Histoire du Louvre
5.1.3. Le Jardin des Tuileries
Contacts
9.1. Formulaire français
212.3 Grand Escalier (haut)
215.1 Façade sur Jardin (en enfilade)
2.2. Le Grand Dessein
212.10 Galerie de la Paix (profondeur)
2.9. Dispersion des ruines
212.9 Galerie de la Paix (entrée)
7.7. Double perspective inattendue
212.7 Galerie de Diane
212.8 Salon d'Apollon
213.1 Louis XIV
7.2. Principales dates
2.8. De l'incendie à l'amputation
4.10. Rétablir la perspective
213.2 Louis XVI
Info légales
3.3. Sous Louis XIV
215.4 Depuis l'arc du Carrousel
Crédits
215.3 Pavillon central côté Jardin
215.2 Façade sur le Jardin
5.1.1. Grande Galerie
213.4 Napoléon Ier
2.6. Les Tuileries sous le Second Empire
4.1. A méditer
5.5 La résidence de Louis XVI
5.10. Second Empire
7.8. Coût - Aucun fonds publics
7.6. Un parvis culturel de 2,6 ha
2.5. La réunion des Tuileries au Louvre
1.2. Grandes étapes depuis 2002
1.1. Pourquoi ce Comité ?
4.2. Qu'en pensait Haussmann
5.3. Les Tuileries de Louis XIV
213.6 Louis-Philippe
213.5 Restauration
4.8. Rendre les Tuileries au Louvre
4.9. Perspective manquante
5.5.4. de 1789 à 1792
5.1. Au cours des siècles
5.5.3. Manège des Tuileries
7.3. Charte de Venise
8.2. Texte des articles
3.5. XVIIIè siècle : le palais des arts
5.8. Restauration et Louis-Philippe
1.7. Haut Conseil
5.5.1. Retour de la Famille royale à Paris
2.10. Bibliographie des Tuileries
3.2. Au XVIè siècle
6.1. Faut-il reconstruire les Tuileries ?
5.3.2. Louis XIV
5.10.2. Extensions et dépendances du Palais des Tuileries
5.7. Consulat et Empire
7.9. Investissement porteur d'avenir
5.12. de 1883 à 2005
5.10.1. Accès et abords des Tuileries à la fin du Second Empire
7.8 Qu'en sera le coût
4.7. Un projet révolutionnaire
5.2. La Renaissance
213.3 Convention
5.11. de 1870 à 1882
5.2.6. Philibert de L?Orme
5.1.2. La Petite Galerie
5.3.9. La Grande Demoiselle
5.2.1. Les Tuileries au XVIème siècle
5.10.3. Le chemin de fer des Tuileries
4.3. Pétition émouvante en 1880
1.6. Conseil d'administration - Bureau
5.2.3. Catherine de Médicis
5.5.2. Hommage des Fédérés à Louis XVI
5.3.8. Le Petit Appartement de Commodité
2.4. Sous Louis-Philippe
1.4. Chronologie des événements
3.6. La musique aux Tuileries
5.3.6. L?Appartement de la Reine
5.2.4. Henri IV
5.3.4. Le Grand Appartement
3.4. Sous la Régence
5.9. Deuxième République
5.2.8. Du Cerceau, Jacques II Androuet
4.6. Haussmann avait raison
5.3.12. La Salle des Machines
5.3.14. Le Carrousel de 1662
5.3.1. L'évolution des Tuileries
5.3.3. Le Grand Escalier
5.6 Les Tuileries de la 1ère République
5.2.2. L?enceinte de Charles V
5.3.26. Nocret, Jean
5.3.5. L?Appartement du Roi au rez-de-chaussée
1.3. But - Démarche
3.9. La Comédie Française aux Tuileries
5.2.9. Lescot, Pierre
5.4.2. Les Tuileries, palais des Arts
5.3.7. L?Appartement du Dauphin
3.8. L'Opéra aux Tuileries
1.5. Nos séances-débats
4.5. Le patrimoine national
5.2.7. Bullant Jean
5.3.20. Le Brun, Charles
5.3.21. Le Nôtre, André
5.2.5. Ordre français
5.3.22. Le Vau, Louis
5.4.6. Le Concert spirituel
5.4 Au XVIIIè siècle
5.3.17. Colbert, Jean-Baptiste
8.2.4. BBC History Magazine
4.4. L'engagement de Jules Ferry
1.9. Questions de parlementaires
6.2. Message de Jean Dutourd
5.3.25. Mignard, Nicolas
5.4.3. La Salle des Spectacles
5.4.5. La Comédie-Française aux Tuileries
5.2.10. Métezeau, Louis
5.3.15. Champaigne, Jean-Baptiste de
5.4.7. Servandoni, Jean-Nicolas
5.3.11. La Salle des Cent-Suisses
8.2.2. Le Figaro 14.02.2004
8.2.3. Politique Magazine
5.3.16. Champaigne, Philippe de
5.4.4. L?Opéra aux Tuileries
8.3. Entretien avec Alain Boumier
5.3.18. Coypel, Noël
5.3.10. La Chapelle Royale
5.3.19. Errard, Charles
5.4.1. Les Tuileries sous la Régence
5.3.13. Les Vestibules
8.2.1. Le Figaro 28.12.2002
9.3. Formulaire (anglais)
3.7. Le concert spirituel
5.3.24. Mazarin, Jules
5.3.23. Loyr, Nicolas
Outils
9.2. Formulaire francophone
1.5.2 à l'Institut de France 11 février 2004
1.5.3 au Sénat 7 juin 2004
9.6. Formulaire (russe)
9.4. Formulaire (allemand)
9.5. Formulaire (hongrois)
1.5.1 au Louvre 18 décembre 2002
1.5.5 à l'ENA 10 juillet 2006
1.5.4 au Sénat 20 septembre 2005
Recherche multi-critères