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4. Pourquoi reconstruire

4.10. Rétablir la perspective

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Les Tuileries : un barrage pour la perspective ?

Tout d?abord, il faut s?accorder sur ce qu?est une perspective. Une perspective est une vue d?un endroit précis du paysage ayant un début ? généralement le centre d?un bâtiment ?, une fin ? sauf lorsqu?on la veut infinie ? et qu?une voie, urbaine ou non, guide afin d?en apprécier la composition.

Paris possède de très belles perspectives urbaines qui ont pour certaines contribué à sa gloire. Malheureusement, la plus belle, la plus ancienne et certainement celle qui était la mieux composée d?entre elles n?est plus. La grande perspective des Champs Elysées n?a plus son origine : le pavillon central du palais des Tuileries.

Qu?elle n?ait pas de fin : heureusement puisqu?elle fut conçue comme telle. D?ailleurs cela représente un très bel héritage que nous avons la charge de perpétrer et de continuer sans bien sûr avoir la prétention de le clore car cela renfermerait cette magnifique percée vers l?avenir en lui ôtant sa signification.


Quelle origine pour la perspective ?

Ainsi, cette perspective fait partie des perspectives infinies mais quelle est son origine ? C?est un défi pour quiconque oserait le dire avec certitude.


Voici le « début » de la perspective de nos jours. (G.CRIEF)

- une pyramide invisible et décalée

Certains disent que la pyramide peut être un début. Cependant, elle n?est pas dans l?axe car décalée - de même que le Louvre - de cinq degrés, ce qui représente, du fait de distances colossales dont il est question, un décalage très important. De plus l??uvre de Pei n?est même pas visible depuis l?axe du fait de la végétation et il faut s?approcher au niveau de l?Arc de Triomphe du Carrousel pour commencer à l?apercevoir.


Il faut être au niveau de l?Arc pour apercevoir la pyramide.
Vue du Louvre, la pyramide barre la perspective vers l?Arc.(
Photos G.CRIEF)


- l?Arc du Carrousel peu détaché de son environnement


C?est bien celui-ci qui constitue pour la plupart le début de la perspective. Malheureusement, un arc de triomphe ne constitue normalement pas un début à quelque perspective puisqu?il est conçu pour sacraliser une voie au même titre que l?Arc de Triomphe de l?Etoile.



L?arc de triomphe du Carrousel vu du Grand Carré du jardin des Tuileries. L?arc est enserré de verdure et se distingue peu de la masse bâtie du Louvre. (Photo G.CRIEF)


En outre, cet arc du Carrousel est peu visible des Champs Elysées, de la Concorde et même depuis le début du jardin des Tuileries car il s?inscrit dans la masse des bâtiments du Louvre en arrière plan, sans compter qu?il a la même couleur de pierre et la même hauteur que les ailes du musée. De plus il semble enserré entre les deux masses végétales qui l?encadrent masquant « au mieux » le défaut de parallélisme entre Louvre et Tuileries. La photographie illustre bien ce fait et montre que cet arc n?est pas en proportion avec cet environnement aux distances infinies.


Une petite anecdote


Il est d?ailleurs assez amusant de voir à quel point les statues de la cour du Louvre n?ont pas été conçues pour faire face à la perspective. Ainsi elles démontrent que la composition qu?on observe de nos jours modifie pour beaucoup la composition des artistes ayant participé à cette grande ?uvre qu?était le double Palais.

En effet, la statue de la Restauration qui trône dans son char au sommet de l?arc du Carrousel tourne le dos à la perspective alors que si cette statue avait été destinée à s?insérer dans le grand axe, n?aurait-elle pas regardé dans la direction des Champs Elysées et non vers le Louvre ? Or cet arc et cette statue ont été conçus pour constituer l?entrée du palais des Tuileries qui ce trouvait en arrière de l?arc lorsqu?on le regarde depuis la pyramide. Il était donc naturel que le char soit orienté ainsi.




Le quadrige tourne le dos à la perspective. (Photo G.CRIEF)


Une fâcheuse conséquence

La composition de Percier et Fontaine a donc perdu son cadre et par conséquent son sens. Ceci semble d?autant plus vraisemblable qu?avant 1882 ? date de la destruction définitive des Tuileries ? l?arc était le centre de la place du Carrousel et il s?insérait avec de bonnes proportions dans un ensemble monumental clos dont les dimensions étaient définies. Aujourd?hui, avec la perte des Tuileries, l?arc est invisible de loin et s?accommode mal de ce cadre qui n?est pas à sa mesure.

Ainsi, aucun réel commencement n?a pu être trouvé à la plus belle perspective de Paris. Ceci est d?autant plus regrettable qu?elle serait bien plus harmonieuse avec la longue façade du palais des Tuileries dont le pavillon central serait ? comme à l?origine - le véritable début : un signal urbain visible de loin?


Quel sens pour le jardin des Tuileries ?

En effet, on peut se le demander puisque ce magnifique jardin « à la française » d?André Le Nôtre, qui faisait la fierté des Parisiens, était le reflet parfait du palais des Tuileries dont les proportions furent calquées pour obtenir une merveilleuse harmonie louée dès l?achèvement du jardin en 1672.


Le jardin des Tuileries de nos jours

avec une matérialisation du plan des Tuileries en rouge et de l?ancienne cour du Carrousel. (G.CRIEF)


Le palais fut donc l?origine du jardin et il n?avait de sens qu?avec lui puisque sur le plan architectural, ils formaient un tout indissociable comme le sont encore de nombreuses compositions de Le Nôtre et comme se doit d?être tout jardin « à la française ». Pourrait-on imaginer les jardins de Versailles sans leur château ?


Si l?on regarde attentivement le schéma ci-dessus, on voit que les terrasses des Feuillants et du Bord de l?Eau coïncident avec les pavillons ? respectivement pavillon de Marsan et de Flore ? situés aux extrémités du palais des Tuileries représenté ici en rouge. Il en est de même pour les trois principales allées du jardin qui ont pour origine les trois bassins du Grand Carré reflétant eux-mêmes trois pavillons du palais.

Ainsi se dégageaient d?agréables perspectives secondaires que l?on pouvait découvrir du Grand Couvert mais qui n?existent plus aujourd?hui puisque les Tuileries ont disparu. Nous avons « la chance » de voir à la place des vues très irrégulières et un « magnifique panorama » sur des préfabriqués. N?est-ce pas dommageable alors que le manque de place, qui a abouti à cette dénaturation du site exceptionnel du Louvre et des Tuileries, pourrait trouver une réponse si les Tuileries était encore présentes ?




Les deux perspectives secondaires n?aboutissent aujourd?hui à rien
si ce n?est sur des préfabriqués.
(Photos G.CRIEF)



Les Tuileries rebâties ou la restitution d?un ensemble exceptionnel

Les Tuileries, si elles étaient restituées, rendraient leur cadre d?origine à la perspective mondialement connue des Champs Elysées mais aussi à l?arc du Carrousel et au jardin des Tuileries qui n?ont plus de sens sans leur cadre originel.


Outre la redécouverte d?une vue exceptionnelle, la cour du Carrousel redeviendrait un espace clos comme l?évolution séculaire du double palais l?a toujours voulu. De plus, on pourrait enfin réduire la masse végétale qui constitue un véritable mur et qui plus est rend la cour encore plus petite qu?elle ne le serait avec les Tuileries rebâties.



Le mur végétal vu depuis la cour Napoléon. (Photo G.CRIEF)



Résumons, d?un espace ouvert, on a fait un espace encore plus étroit qu?avec l?ancien palais mais cette masse végétale a semblé nécessaire pour masquer une vue imparfaite, ce qui se conçoit il est vrai : on est donc en présence d?un paradoxe que la destruction des Tuileries a mis à découvert et que l?ancien préfet Haussmann fut le premier à dénoncer.


Enfin, en plus d?avoir ôté un cadre splendide, on a banalisé un site historique qui venait juste d?être recomposé en installant d?immondes bâtiments provisoires qui sont là depuis trop longtemps du fait du manque de place et ce dans l?un des espaces les plus vus ? si ce n?est le plus vu ? de la capitale.


Mais combien de temps va encore continuer ce triste spectacle ? Espérons le moins longtemps possible pour que la plus belle perspective de Paris soit de nouveau.



Guillaume Crief

Ecrit à Paris, le 31 juillet 2004




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